Jeudi 30 août 2007 – 20h00 - « Indigène » de Rachid Bouchareb (France, 2005).
Avec Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem,
...
En 1943, alors que
la France tente de se libérer de la domination nazie, le
parcours de quatre "indigènes", soldats oubliés de la
première armée française recrutée en
Afrique.
Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin, réputés
pour leur courage, sont envoyés en première ligne.
Argent, amour pour la France ou pour l'armée
française, foi en la liberté et
l'égalité, leurs motivations divergent pour un
même combat, libérer la France, les armes à la
main
CINE-CLUB :
Le jeudi 20/09/2007 - 20h00 : "Capote" de Bennett miller (U.S.A., 2005)
Réalisation……………...……………………………………….…. Bennett Miller
Scénariste………...….
Dan
Futterman - d'après le livre “Capote” de Gerald
Clarke
Montage……………………………………………………...Christopher
Tellefsen
Compositeur……………………………………………………….Mychael
Danna
DISTRIBUTION :
Truman Capote
………………………………………...
Philip
Seymour Hoffman
Nelle Harper
Lee………………………………………………...Catherine
Keener
Perry
Smith……………………………………………………...Clifton
Collins Jr.
Alvin
Dewey………………………………………………………….Chris
Cooper
Jack
Dunphy………………………………………………...…..Bruce
Greenwood
SYNOPSIS :
En novembre 1959, Truman Capote (Philip Seymour Hoffman), l'auteur de Petit Déjeuner chez Tiffany et une figure connue de ce qui sera plus tard appelé le jet set, lit un article à la dernière page du New York Times. Celui-ci traite du meurtre de quatre membres d'une famille connue de fermiers, les Clutter, à Holcomb, Kansas. Pour Capote, c'est l'occasion de prouver sa théorie qu'un bon écrivain peut rendre la non-fiction aussi captivante que la fiction. Il convainc le magazine The New Yorker de lui confier la mission et se rend au Kansas pour étudier l'impact des meurtres sur la petite ville. Il est accompagné d'une amie de jeunesse, Harper Lee (Catherine Keener), qui recevra quelques mois plus tard
LE FILM :
Ce n'est pas une biographie filmée, c'est un portrait. Truman Capote, premier long métrage de Bennett Miller, premier sommet de la brillante carrière de son interprète principal, Philip Seymour Hoffman - couronné par un Oscar -, ne déroule pas le fil de la vie ou la légende de Truman Capote, écrivain américain (1924-1984), mais dessine l'image d'un homme au travail, au moment le plus intense de sa vie, et fait entrer de plain-pied dans les inspirations exaltées et les transactions sordides qui ont conduit à l'écriture d'un des livres les plus influents de la deuxième moitié du XXe siècle. En 1959, Truman Capote était un nouvelliste sudiste (il a grandi en Alabama) dont la réputation grandissait dans les cercles littéraires new-yorkais. C'était un petit homme au physique d'elfe, à la voix curieusement placée, affectée d'un sifflement qui n'était pas tout à fait un zozotement. (Pour mémoire, Philip Seymour Hoffman, tel qu'on l'a vu dans Happiness ou Magnolia, est un grand garçon, corpulent, aux traits plutôt lourds.) Le 15 novembre, l'écrivain découvre dans le New York Times la relation du meurtre d'une famille du Kansas, quatre personnes tuées à l'arme blanche dans une maison isolée. Capote demande et obtient du New Yorker que l'hebdomadaire l'envoie dans les plaines du Middle West, où il passe des semaines, jusqu'à ce que les coupables du crime, Perry Smith et Richard Hicock, soient arrêtés. En 1965, Smith et Hicock sont exécutés, et Capote publie sa relation de leur crime, sous le titre De sang-froid. Le livre se vend à des millions d'exemplaires, c'est le dernier texte long que Capote réussira jamais à écrire. Le film de Bennett Miller met en scène ce voyage initiatique destructeur (le scénario de Dan Futterman est tiré de la relation de cet épisode dans la biographie que Gerald Clark a consacrée à Capote). Il prend à peine le temps de présenter Capote, le mondain qui a fait de sa singularité l'instrument de son influence, qu'il le précipite dans une géographie physique et humaine qui lui est entièrement étrangère. Cette aliénation sert de carburant à Capote : il en conçoit de la curiosité, bien sûr, il s'amuse à surmonter la méfiance qu'on lui oppose (incarnée ici, de façon très subtile, par Chris Cooper, qui joue le shérif chargé de l'enquête), mais surtout il y trouve une totale liberté de pensée et de regard.
Jusqu'au moment où il fait la connaissance de Perry Smith, l'un des deux meurtriers. Truman Capote devient alors une histoire de vampire. Smith est à la fois une petite frappe et une créature fascinante, qui inspire au Capote que compose Hoffman désir et répulsion. S'il s'agissait d'un avocat ou d'un policier, l'affaire serait simple. Mais notre héros est ici un artiste. Son but est d'extraire de son matériau l'essence de ce qui fera son oeuvre. C'est-à-dire séduire et charmer, mais aussi monnayer : Capote finance les recours de Smith et Hicock, qui ont été condamnés à mort dès leur premier procès, dans l'espoir d'obtenir du premier un récit détaillé de la nuit du meurtre. Plus tard, le romancier, qui veut que la réalité écrive le dernier chapitre de son livre, se prend à souhaiter que les deux hommes soient enfin pendus.
On dit souvent d'un acteur qu'il défend son personnage. Ici, plus que de la plaidoirie, le travail de Philip Seymour Hoffman relève plus de la médecine légale, à ce détail important près : l'acteur maintient son sujet en vie. La critique américaine a certifié que Hoffman reproduisait très exactement les tics et les maniérisme du romancier, qui était devenu, après le succès de De sang-froid, l'un des piliers du circuit des talk-shows. Même si l'on n'est pas à même de juger de cette véracité, on est bien forcé de voir que cet arsenal, qui servait probablement à Capote d'armure contre le monde extérieur, devient ici un langage d'émotions et de pulsions. Qu'il déploie son charme, lorsqu'il est invité chez le shérif de Halcomb, ou qu'il se rende malade de jalousie lorsque son amie Harper Lee (Catherine Keener) rencontre le succès avec Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, le Truman Capote de Philip Seymour Hoffman est un homme qui vacille sans cesse au bord d'un gouffre, espérant trouver sa rédemption dans la littérature.
Sainte Thérèse d'Avila a écrit que "plus de larmes ont été versées sur les prières exaucées que sur les autres". Après De sang-froid, Capote entreprit la rédaction d'un "grand roman proustien américain" qu'il ne mena jamais à bien. Il lui donna pour titre Prières exaucées. La mise en scène sèche et sans emphase de Bennett Miller, le travail chirurgical de Philip Seymour Hoffman dessinent de manière saisissante ce moment faustien dans la vie d'un artiste, quand la réalité lui offre la matière de son chef-d'oeuvre mais épuise d'un même coup sa créativité.
Jeudi 11 octobre 2007 – « C.R.A.Z.Y.» de Jean-Marc Vallee (Québec, 2005).
Avec Michel Cote,
Marc-André Grondin, Émile Vallée,
...
StartFragment -->StartFragment -->Un portrait de
famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens
ordinaires à la poursuite de leur bonheur.
De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères,
de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les
promenades en moto pour impressionner les filles, les
pétards fumés en cachette, les petites et grandes
disputes et, surtout, un père qu'il cherche
désespérément à
retrouver, Zac nous raconte son histoire...
25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une
mère aimante et un père un peu bourru mais fier de
ses garçons.
C'est le début de C.R.A.Z.Y., le récit de la vie d'un
petit garçon puis d'un
jeune homme pas comme
Le jeudi 25/10/2007 - 20h00 : "Neuf reines" de Fabian Bielenski (Argentine, 2002).

Réalisation …………...………………………………….…..…...Fabian Bielenski
Scénario…………………..…………………………….…….…..Fabian Bielenski
Producteurs………………………………………………... Cecilia et Pablo Bossi Compositeur…………………………………………………………. César Lerner
DISTRIBUTION :
Juan ……………………………………………………..…………….Gaston Pauls Marcos……………………………………………………………….Ricardo Darin Valeria…………………………………………………….……….. Leticia Bredice Federico……………………………………………………………... Tomas Fonzi
SYNOPSIS :
En panne d'associé, Marcos, un escroc notoire, va prendre sous son aile pour une journée le pataud Juan. Celui-ci ne tarde pas à faire ses preuves dans des petites combines ramenant quelques pesos dans leurs poches, mais la sœur de Marcos, avec qui il a des relations pour le moins houleuses, va leur permettre malgré elle de tomber sur une occasion unique de vendre à un riche homme d'affaires un faux des "Neuf reines", des timbres très rares.
LE FILM :
Lassé d'essayer pendant deux ans de "placer" son scénario, Fabian Bielinski finit par le présenter à un concours national organisé par le Groupe du Film Patagonique. Bien lui en pris puisqu'il remporta la mise, élu par un jury comme le meilleur des 350 scénarii en lice. En 2000,ce furent plus d'un million et demi de ses compatriotes qui se ruèrent dans les salles du pays pourl'applaudir le film qu'il avait lui-même réalisé. LES NEUF REINES accumula alors les récompenses dont sept "oscars" argentins (parmi lesquels ceux du Meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario) et le Grand Prix du Festival du film policier de Cognac.
De quoi s'agit-il ? D'un "polar" où le scénario ne (cesse de rebondir toujours là où on ne l'attend pas, dans la meilleure tradition d'un Usual Suspects ou des histoires signées David Mamet. Le jeune et tranquille Marcos, petit escroc bonimenteur au petit pied rencontre par hasard Juan, un peu plus âgé et surtout plus expérimenté dans le forfait élégant (jamais de violence ou d'arme). Celui-ci le convainc de devenir son associé pour 24 heures. Pendant ce laps de temps (qui est celui de l'histoire racontée par le film), les deux hommes montent, à l'initiative de Juan, un plan machiavélique afin de vendre une série de timbres allemands datant de Weimar et intitulée "Les neuf reines". Ou plutôt une copie, exécutée à la perfection. La cible: un richissime amateur. Le lieu de la négociation: un hôtel où travaille la propre sœur de Juan ainsi que son jeune frère. Juan et Valeria ont beaucoup de comptes à régler ensemble, pour cause d'escroquerie familiale à l'héritage… Après, même si on le voulait, il devient quasi impossible de raconter ce film tant les événements et coups de théâtre se succèdent jusqu'à la toute dernière minute. Si le cinéma argentin est aujourd'hui considéré comme ayant le vent en poupe et sans doute le plus dynamique (et prolifique) d'Amérique Latine, il le doit à des films de cette qualité. Sous une forme souvent proche du documentaire, le film gagne en réalisme: pas d'esbroufe ici, un jeu d'acteurs confondant de naturel et plusieurs scènes tournées en caméra cachée, notamment celles d'extérieurs dans les rues de Buenos Aires. Ce réalisme ne fait naturellement que renforcer encore le piège dans lequel se trouve pris le spectateur qui ne sait plus à quelle vérité se vouer. Les personnages restent volontairement opaques sur le plan de leurs réelles motivations ou de leur psychologie. Et pourtant le spectateur s'y attache dès les premiers instants du film et l'opposition de caractères et de comportements entre Juan et Marcos devient l'un des grands atouts du film. Ajoutons ici que les deux personnages sont magnifiquement interprétés, tout comme l'ensemble des seconds rôles. Bielinsky en profite aussi pour dresser un portrait jamais didactique de l'Argentine d'aujourd'hui, pays développé et cultivé menaçant de s'écrouler à chaque instant par les malversations financières de puissants, forfaits aux conséquences bien plus catastrophiques que les arnaques de nos sympathiques protagonistes principaux... LES NEUF REINES est un film bigrement intelligent, très amusant, pas moral pour un sou, brillamment réalisé dans la sobriété et excellemment interprété. Autrement dit, un plaisir à ne surtout pas bouder !
Jeudi 8 novembre 2007 – 20h00 - « Babel » de Alejandro González Inárritu (U.S.A., 2005).
Avec Brad
Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal
...
StartFragment -->StartFragment -->En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...
Le jeudi 29/11/2007 - 20h00 : "Capitaine Conan" de Bertrand Tavernier (France, 1996).
Réalisation…………………………………………………….. Bertrand Tavernier
Directeur de production……………………………………………... Yvon Crenn
Scénario………………………………………. Bertrand Tavernier et Jean Cosmos
Dialogues…………………………………………………………….. Jean Cosmos
Musique…………………………………………………………. Oswald d'Andréa
DISTRIBUTION :
Conan…………………………………………………………….Philippe Torreton
Norbert…………………………………………………………...Samuel Le Bihan
De Scève………………………………………………………….. Bernard Le Coq
Madeleine Erlane…………………………………………………. Catherine Rich
Commandant Bouvier…………………………………………. François Berléand
Général Pitard de Lauzier…………………………………………... Claude Rich
SYNOPSIS :
Les Balkans, septembre 1918. La prise du Mont Sokol est la dernière grande bataille de la guerre, précipitant la reddition de la Bulgarie et offrant à l'armée d'Orient sous le commandement de Franchet d'Esperey, sa première victoire décisive...
A la tête d'une cinquantaine de soldats héroïques, sortis pour la plupart des prisons militaires, Conan (Philippe Torreton) bataille à la manière des Sioux et fait trembler les secteurs ennemis. Avec ses "nettoyeurs de tranchées", c'est au couteau qu'il y va : "On lui voyait le blanc des yeux au frère et on le crevait en foutant la verte à tout le régiment..."
LE FILM :
Le crime ne paie pas... Tu ne tueras point... Tu ne voleras pas non plus... Tu ne fréquenteras pas les femmes de mauvaise vie... Le sujet de Capitaine Conan rappelle à la conscience un lot de commandements que tous savent par coeur parce que c'est à travers eux que la limite se trace, par exemple, entre l'humain et l'animal. C'est ce qui s'appelle la Loi, loi du talion si vous voulez, qui part en arborescences interminables dans le code pénal, mais que dix COmmandements suffisent à saisir, commandements qui eux-mêmes se rapportent à cette dichotomie fondatrice et structurante qui oppose le sacré au profane, l'amour légitime et l'inceste, notre horde contre l'autre. Or voici que la guerre se pointe, et les interdits, apparemment, sont levés; on a le droit de faire au grand jour contre l'autre ce que normalement, en cachette, on fait contre le semblable, au risque bien sûr d'être puni. Le temps de la guerre est un temps de licence et d'inversion des codes. Face à la présence imminente de l'ennemi, le rapport hiérarchique s'inverse: c'est à celui qui se comportera le plus en criminel que reviendra la palme héroïque, et le général qui cogite et planifie les déplacements guerriers, celui qui "fait" la guerre au sens où il la fabrique, a besoin de sang chaud, celui des autres, le sang qui bout dans les prisons par exemple, pour répandre le sang ennemi. La horde plébéienne, qui transgressait déjà le code de la loi en temps de paix, constitue alors un capital guerrier sur lequel repose l'issue de la victoire ou de la défaite - ou, comme l'indique le capitaine Conan (Philippe Torreton), chef d'un commando constitué majoritairement de préventionnaires (ce qui signifie, en argot administratif, "repris de justice": d'après ses dires il y en aurait eu trois ou quatre mille durant la guerre de 14-18), ce sont eux qui "gagnent" la guerre. Ce qui veut dire aussi que cette guerre leur échoit. Ces considérations semblent avoir valu pour toutes les confrontations guerrières de l'histoire. On a affaire ici à la première guerre mondiale, reconnue en somme pour avoir été la "première guerre moderne", celle qui a véritablement opéré la transition de l'esprit du dix-neuvième siècle à celui du vingtième. Cette transition n'est pas encore très visible sur les champs de bataille, où le choses sont demeurées à l'état de chaos complet. Le prologue de Capitaine Conan , qui en constitue les quinze premières minutes, se passe en septembre 1918 à la frontière bulgare durant les dernières offensives. L'intonation est aux bruits de mines et de grenades qui explosent plutôt qu'aux digressions verbeuses. La division du capitaine Conan se trouve ici dans son élément, à manger son ragoût sur le champ de bataille tandis que ça saute de partout et que les morts tombent, avant d'aller saccager une écurie abandonnée où se sont réfugiés des soldats ennemis. À les voir opérer, on ne peut s'empêcher d'y admirer quelque force brute de la nature, une sorte de petit raz-de-marée qui avance tous poignards tirés, prêts à étriper la première chose à venir bloquer son cours. Émile Zola aurait sans doute apprécié le tableau. C'est au creux de vague qui suit la capitulation que les choses commencent à prendre une teinte résolument "vingtième". La plupart des officiers sont tenus de compter les effectifs restant, tant en armement qu'en capital humain: c'est le grand inventaire, en somme. Mais il ne s'agit pas seulement ici de compter des biens matériels.
Il y a une scène, mémorable, où l'on voit les soldats se faire annoncer la victoire française "sur tous les fronts", en une cérémonie ici illustrée avec un fort esprit de satire: tandis qu'un petit nabot de général lit sous la pluie un discours chauvin, les soldats quittent les rangs un à un pour épancher à l'écart une diarrhée galopante. C'est sans doute dire, métaphoriquement, que le temps des querelles intestines est venu ? Reste que désormais, le corps militaire éprouve le besoin d'expurger certains de ses propres éléments. La guerre en soi n'opère pas, loin de là, une levée absolue des interdits. On doit encore respect à son supérieur et à ce qu'il édicte. À l'inventaire des biens suit celui des procès à intenter contre les déserteurs de fin de semaine, et autres types qui ont tenté de tirer la couverture à eux. À cause de son instruction littéraire, c'est ici que Norbert (Samuel le Bihan), un compagnon d'armes de Conan, est interpellé pour occuper le poste de défenseur, puis d'accusateur (et surtout, dans tous les cas, de médiateur) de ces soldats inconnus. Des généraux réclament pour leur part quelques accusations exemplaires, question d'asseoir leur autorité, et de canaliser le réservoir de force latente que représente une armée mobilisée en Roumanie, sans d'autres instructions, et qui se demande pourquoi on ne l'a pas encore expédiée chez elle... Ainsi Conan et Norbert, l'un pour son talent de meneur d'hommes et l'autre pour son esprit distingué, circulent-ils entre deux scènes où apparemment aucune communication n'est possible: d'un côté, le théâtre que forme la société des haut gradés, qui s'approprient les honneurs, énoncent les ordres et disposent du sort des officiers, et de l'autre, ceux-là mêmes qui sont à leur merci, y compris le commando de Conan, les préventionnaires, dont la sauvagerie naturelle cultivée par la guerre leur fait adopter, qu'ils soient en terrain allié ou non, un comportement terroriste. Alors, quelle est l'issue du problème? Sans doute la même que ce qui transparaissait dans Ridicule : pour pouvoir échanger avec la noblesse, il suffit de savoir parler sans poser de vérités trop éclatantes. Le problème des maîtres, l'assise de leur pouvoir aussi, réside toujours dans le fait qu'ils cogitent des actes dont la responsabilité est assumée par d'autres, et dont ils ne veulent autrement rien savoir.
Jeudi 6 décembre 2007 – 20h00 - « Adam's Apples » de Anders Thomas Jensen (Danemark, 2004).
Avec Ulrich
Thomsen, Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, ...
StartFragment -->StartFragment -->Avec ses rangers,
son crâne rasé et sa croix celtique tatouée sur
le biceps, Adam affiche clairement ses sympathies. De son
côté, Ivan, visage ouvert, chaussettes dans les
sandales et col blanc de rigueur, accueille Adam dans sa paroisse.
Convaincu de la bonté fondamentale de l'homme, ce pasteur se
voue tout entier et tout sourire à sa mission : accueillir
d'anciens taulards et oeuvrer à leur
réhabilitation.
Mais que peut valoir la foi d'Ivan face à la malveillance
faite homme ? Bref, que peut Dieu face au diable ? Grande question,
qui s'efface bientôt au profit d'une interrogation tout aussi
cruciale : d'Adam ou d'Ivan, qui est le plus dérangé
des deux ?
Le jeudi 20/12/2007 - 20h00 : "la mémoire du tueur" de Erik Van Looy (Belgique, 2004).
Réalisation…………………………………………………………. Erik Van Looy Scénario…… …... Carl Joos et Erik Van Looy, D'après le roman de Jeff Geeraerts Directeur de la photographie ………………………………………..Danny Elsen Musique…………………………………………………………. Stephen Warbeck Production………………..MMG Film, TV1, TROS, Bridge Entertainment Group
Distribution………………………………………………………….ARP Sélection
DISTRIBUTION :
Angelo Ledda……………………………………………………..…….Jan Decleir
Eric Vincke………………………………………………………….Koen de Bouw
Freddy Verstuyft………………………………………………...Werner de Smedt
Seynaeve………………………………………………………….….Gene Bervoets
Baron Gustave de Haeck…………………………………………….Jo de Meyere
Jean de Haeck…………………………………….………………...Tom van Dyck
SYNOPSIS :
Anvers, 1995. Le commissaire Eric Vincke arrête un père de famille qui prostitue sa fille. L'opération tourne mal et le père est tué par la police. Quelques jours plus tard, le cadavre de la jeune fille est retrouvé sur un quai. Epaulé par son équipier Verstuyft, Vincke est alors confronté à une série de meurtres ou de disparitions sans lien apparent. Jusqu'au coup de fil de Ledda, un tueur à gages fatigué souffrant de la maladie d'Alzheimer, qui les aide à remonter la piste d'un réseau de prostitution impliquant des notables. Malheureusement, Ledda n'hésite pas à rendre lui-même justice, ce qui complique la situation du commissaire
Interview du réalisateur (par Philippe Manche) :
Vous qui êtes également journaliste cinéma, quelle question poseriez-vous à Erik Van Looy si vous aviez à le rencontrer pour « La mémoire du tueur » ?
Je ne suis pas le bon journaliste parce que je le connais trop, mais je lui demanderais s'il est heureux. Et c'est vrai que je le suis. Mon précédent film « Shades », avec Mickey Rourke, n'a pas marché du tout. C'est la première fois que je suis heureux avec une réalisation sur laquelle j'ai commencé à travailler il y a dix ans. Cela me ravit doublement parce que c'est un film grand public, et j'ai toujours voulu faire un film grand public même s'il est très belge, très flamand et très américain, aussi.
« La mémoire du tueur » rappelle les polars du cinéaste français Yves Boisset comme « La femme flic », par exemple. Les manipulations, la mauvaise communication entre la gendarmerie et la police sont, eux aussi, des sujets très universels.Difficile de ne pas penser à l'affaire Dutroux et aux problèmes relationnels entre les différents services...
Le livre éponyme de Jeff Geeraerts date de 1985, mais nous avons changé certaines choses. C'est vrai qu'on pense à Dutroux. On peut aussi avoir à l'esprit l'assassinat d'André Cools ou de Karel Van Noppen, le vétérinaire assassiné par ce qu'on a appelé la mafia des hormones. C'est aussi pour cette raison que nous avons situé l'action du film en 1995. Le nom d'Yves Boisset revient souvent, c'est dans la même veine. J'ai aussi pensé aux « Trois jours du condor », de Sidney Pollack.
Vous citez également « Heat », comme référence, le film de Michael
Mann. Pour la confrontation entre le flic et le tueur ? C'est plus en référence à un réalisateur que j'adore autant pour son style que pour la mélancolie qui se dégage de « Heat » ou de « The Insider ». Ce sont des polars qui possèdent toujours beaucoup d'humanité. C'est vrai que l'amitié entre le tueur et le policier dans « La mémoire du tueur » est proche de la relation entre le flic incarné par Al Pacino et le truand campé par Robert DeNiro dans « Heat ». Ici aussi, on peut parler d'une sorte d'amitié ou en tout cas d'une relation fort ambiguë entre le flic et le tueur. C'est de toute façon cette relation ambiguë qui est le noyau du film.
L'intrigue est finalement un prétexte ?
Bien sûr, mais il faut que cela reste crédible. Si ça ne l'est pas, tu n'y crois pas.
S'il y a eu plus de 700.000 spectateurs en Flandre, ce n'est pas pour cela qu'il y en aura autant en Wallonie. Que diriez-vous aux spectateurs francophones potentiels ?
Qu'ils essayent d'oublier que c'est un film flamand. Et vous ?
Que même si c'est très belge et très flamand par son histoire et sagéographie, c'est une histoire qui dépasse les frontières. La corruption et la manipulation dans des organes de pouvoir sont universelles...
C'est tout à fait dans cet esprit-là que le film s'inscrit.
Vous avez eu des offres de Hollywood pour un « remake » ?
La maison de production de « Monster's Ball » et de « The Punisher » est intéressée. Rien n'est encore finalisé à ce jour, mais l'offre existe. Sorti le 15 octobre dernier en version unilingue flamande, avec 34 copies, « De zaak Alzheimer » d'Erik Van Looy a rassemblé plus de 740.000 spectateurs. On peut donc parler d'un succès historique en Belgique néerlandophone. Pour Erik Stockman, journaliste cinéma à l'hebdomadaire « Humo », le succès du film bénéficie aussi de la popularité énorme dont jouit Erik Van Looy au sein de son « De laatste show », un talkshow très populaire animé par le réalisateur sur TV 1 et de la présence de nombreux « BV », (« Bekende Vlamingen, littéralement « flamands connus », NDLR) à l'affiche du film.
Je crois que c'est la combinaison de plusieurs facteurs, estime notre confrère Bernard Van De Popeliere, journaliste pour le compte de l'hebdomadaire « P-Magazine » et du mensuel « Ché ». Un de ces facteurs est l'excellente qualité du film. Erik Van Looy est un fan de cinéma américain. Il a donc réalisé son film « à l'américaine » avec une mise en scène moderne, même si certains le lui ont reproché. Il convient également de rappeler que l'auteur du livre, Jeff Geeraerts, est un excellent écrivain et que le comédien Jan Decleir est formidable à l'écran.
Jeudi 10 janvier 2008 – 20h00 - Moulin Klepper
« Terre et Cendres » de Atiq Rahimi (Afghanistan, 2003).
Avec Abdul
Ghani, Jawan Mard Homayoun, Walli
Tallosh, ...
StartFragment -->StartFragment -->Un pont, une rivière asséchée dans un paysage désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque. Nous sommes en Afghanistan. Le vieil homme va annoncer à son fils qui travaille à la mine, le père du petit, qu'au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons. C'est une parole nue qui dit la souffrance, la solitude, la peur de n'être pas entendu...
Le jeudi 24/01/2008 - 20h00 : "Easy Rider" de Dennis Hopper (U.S.A., 1969).
Réalisation ……………………………………………………….Dennis HOPPER Scénario…………………... Peter FONDA, Dennis HOPPER, Terry SOUTHERN Directeur de la photographie……………………………………Laszlo KOVACS Montage………………………………………………………... Donn CAMBREN Production…………...Bert SCHNEIDER / Peter FONDA / William HAYWARD Distribution…………………………………………………...………….Columbia
DISTRIBUTION :
Peter
Fonda……………………………………..………..Wyatt / Captain America
Dennis
Hopper………………………………………………………………..
Billy
Jack
Nicholson……………………………………………………..George
Hanson
Karen Black
………………………………………………………………….Karen
Luke
Askew……………………………………………...L’étranger
sur l’autoroute
SYNOPSIS :
1969. Sur les routes américaines, au rythme de leurs choppers, Wyatt et Billy vivent de liberté et de paradis artificiels. Mais leur indépendance et leurs cheveux longs ne sont pas du goût des puritains, prompts au mépris et au rejet de tout ce qui est différent d'eux. Incarcérés pour vagabondage, ils font la connaissance de Georges, avocat trop attaché à la bouteille. Séduit par leur mode d'existence, il fait un bout de chemin avec eux vers leur destination : le carnaval.
LE FILM :
Ce film fut en son temps l’une des plus significatives manifestations de l’esprit de liberté issu du mouvement intellectuel de 1968 : pamphlet ironique et amer contre les préjugés, la sottise et la violence de l’Amérique « profonde », il se situe dans le courant de dénonciations des tares sociales qui a toujours été une constante de la production hollywoodienne. Ces deux garçons s’attirent la haine des médiocres et des conformistes parce qu’ils sont différents, en ce sens qu’ils affichent une insolente liberté dans leur habillement et leur comportement, même si cette liberté est en partie conditionnée par une dépendance à l’alcool et à la drogue. Ce film sarcastique (la route des pionniers parcourue en sens inverse, la destruction du « rêve américain ») et iconoclaste (la séquence du cimetière), chargé de souvenirs historiques (Billy et Wyatt sont comme des « Indiens » dans cette société blanche) et cinéphiliques (la visite à Monument Valley), prend une résonance universelle par sa condamnation de l’intolérance comme source de toutes les violences possibles, mais aussi par sa dimension christique, les héros étant éliminés, comme Jésus, parce qu’ile dérangent, rachetant ainsi tous les péchés du (Nouveau) Monde. Tourné pour 325 000 dollars, le film rapporta soixante millions aux producteurs,



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